Tout savoir sur les Progressive Web Apps (PWA)

Innovantic, Atelier Digital à Bordeaux

Larry

22 mars 2020

Si vous vous intéressez un peu aux technologies numériques vous avez dû voir apparaître un nouveau mot trendy : “PWA” ou “Progressive Web App”.

Vous pensez peut-être qu’il s’agit d’une nouvelle tendance passagère destinée comme tant d’autres à être oubliée l’année prochaine ?

Et bien cette fois-ci il n’en est rien et les PWA vont vraiment changer le paysage numérique des entreprises, à très court terme, pour leur plus grand bonheur !

Mais alors, c’est quoi précisément une PWA ?

Il faut reconnaître que Google, à l’origine de cette nouvelle norme, n’a pas été très inspiré pour la nommer : Application Web Progressive, ça n’est pas très évocateur et on aurait sans doute gagné en clarté avec une appellation comme “Universal Web Application”.

En effet, l’objectif premier de cette nouvelle techno est de permettre la réalisation d’applications universelles, tournant sur n’importe quel type de terminal, en utilisant les technologies de développement du web.

Le but des PWA est tout simplement de remplacer les applications natives, que ce soit sur les terminaux de bureau (PC, MAC) ou sur les mobiles (iOS ou Android), pour une majorité d’usages. Rien que ça !

En clair, on écrit une seule application et celle-ci peut être lancée sur tous les écrans, qu’ils soient fixes ou mobiles et quel que soit leur système d’exploitation (MacOS, Windows, Linux, Android, iOS).

Et sur le plan technique qu'est-ce qui change ?

Les PWA s’installent par un simple clic sur un lien web, pas besoin d’aller les chercher dans le magasin d’application de votre système. Un simple lien depuis votre site web actuel amène l’utilisateur dans votre PWA, sans la moindre rupture de parcours.

L’installation est “progressive” (d’où leur nom). Ce qui signifie qu’elle se fait au fur et à mesure de la visite des différentes “pages”. Il n’y a donc pas de temps d’attente pour télécharger et installer du code, ce qui fluidifie encore un peu plus l’expérience.

Elles peuvent être lancées depuis le launcher (le bureau) de votre smartphone, mais aussi de votre PC ou de votre MAC, exactement comme une application native.

On ne fait plus de distinction entre une application mobile et une application “de bureau”. La même appli s’exécute sur mon smartphone et sur mon PC !

Du point de vu de l’utilisateur elles présentent toutes les caractéristiques d’une application native :

  • Elles s'exécutent en plein écran. La qualité de l’expérience est très proche de celle d’une application native. Bien sûr cette techno n’est pas adaptée pour les besoins intensifs comme les jeux en 3D ou des outils de montage vidéo, mais elle est parfaite pour la plupart des usages courants.
  • Elles peuvent fonctionner en mode “offline” (sans connexion au réseau).
  • Elles peuvent recevoir des notification “Push”, y compris sur Windows et MacOS.
  • Elles peuvent utiliser la plupart des fonctions avancées des smartphones (GPS, appareil photo, etc.)
  • Elles peuvent exécuter des actions en arrière plan.

Un gain financier considérable ! 

Avec les PWA, on a enfin une solution technique qui nous permet de produire des expériences véritablement qualitatives compatibles avec tous les terminaux du marché, qu’ils soient fixes ou mobiles, sur tous les formats d’écrans.

Une seule application à écrire pour couvrir tous les terminaux, c’est une véritable révolution et un gain de coût considérable !

Alors est-ce qu’on peut se lancer dès aujourd’hui ?

Et bien, oui...et non !

A l’heure où j’écris cet article, toutes les fonctionnalités des PWA sont disponibles sur Windows, Android et Linux.

Par contre sur iOS et MacOS, les choses prennent “un peu” plus de temps. A ce jour, la norme n’est que partiellement supportée et il reste encore pas mal de limitations :

  • pas de support des notifications push (c’est le plus problématique)
  • installation sur le bureau moins facile (mais possible)
  • volume de données “offline” très limité
  • pas d’exécution en arrière plan

De fait, la technologie PWA n’offre pas encore une solution tout à fait satisfaisante pour les terminaux de la pomme. 

Comme beaucoup d’agences de développement et d’entreprises consommatrices d’outils numériques  nous scrutons les annonces d’Apple pour savoir quand ils vont enfin proposer un support total des PWA. 

Il y a un peu d’espoir pour la version 14 d’iOS qui sera lancée en septembre 2020, mais rien n’est encore certain...

Donc on fait quoi en attendant ?

Comme toujours, il y a plusieurs réponses à cette question.

Si votre application est destinée à un usage interne et que vous pouvez vous limiter aux terminaux qui supportent pleinement la norme, alors vous pouvez vous lancer dès aujourd’hui sans la moindre hésitation.

Si votre application ne fait qu’un usage anecdotique des fonctions qui restent limités sur iOS et MacOS, alors vous pouvez y aller également. Vous pouvez aussi trouver des contournement temporaires en utilisant par exemple les notifications par SMS en attendant qu’Apple active le canal de Push vers Safari.

Vous pouvez aussi considérer qu’il n’est pas dramatique de laisser temporairement de côté les 10% d’utilisateurs qui sont sous iOS, mais attention aux distorsions des stats sur certains marchés particuliers. 

iOS ne représente peut-être que 10% de PDM dans le monde, mais la proportion monte à 20% en France et dépasse largement les 50% sur des populations de cadres sup’. Analysez bien votre cible avant de décider !

Et sinon en dernier recours, vous pouvez opter pour une stratégie mixte : développer une application native pour iOS et une PWA pour tous les autre terminaux. 

Ca ne fait que deux applis au lieux de trois ou quatre et le jour où Apple se décidera enfin (et ils ne pourront pas résister très longtemps), la solution sera déjà là sans le moindre surcoût !

Mais alors, est-ce qu’il reste des usages pour les applications mobiles native ?

Oui, définitivement oui !

Les PWA offrent une solution extrêmement séduisante, simple et abordable pour la plupart des usages d’entreprises, que ce soit en outillage interne ou en relation avec les clients et les partenaires. 

Mais il restera toujours des usages et des cas particuliers qui justifieront, pendant encore très longtemps, le développement d’applications natives:

  • Les jeux en général et en particulier les “serious games” chers aux services marketing des grandes marques.
  • Les applis de terrain naturellement orientée vers un usage offline.
  • l’usage intensif des capacités spécifiques des smartphones : GPS, accéléromètre, etc.
  • Le pilotage local d’objets connectés

Ainsi que toutes les applications où la qualité de l’expérience utilisateur est primordiale et ne peut souffrir d’aucun compromis, notamment pour les entreprises (les startups) dont le produit repose sur une interface numérique.

Dans ces situations, le coût de développement de versions natives pour Android et iOS ne représente de toute façon qu’une infime fraction du budget global consacré aux outils numériques et il est donc justifié de rester sur la technologie qui offre à ce jour la meilleure expérience possible.

Si vous voulez en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter.

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